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Violences à Alindao : Les syndicalistes appellent au dialogue


27/11/2018 - Bangui

 Les syndicalistes centrafricains soutiennent que la solution  à la crise dans le pays réside dans le dialogue. Ils pensent que depuis le début de cette crise il y a cinq ans, les protagonistes n'ont jamais ouvert un cadre d'un dialogue véritablement franc et sincère pour amorcer le retour de la paix, de la sécurité et de la réconciliation.

Après les tueries d'Alindao le 15 novembre 2018, les leaders des principales centrales syndicales de Centrafrique ont souligné l'importance d'ouvrir un dialogue franc pour donner la chance à la paix. MM. Firmin Zoh-Ponguele et Noël Ramadan, respectivement secrétaires généraux du Groupement syndical des travailleurs de Centrafrique (GSTC) et de l'Union syndicale des travailleurs de Centrafrique (USTC), condamnent, au nom des travailleurs, les violences d'Alindao. Tous deux s'accordent à dire qu'il s'agit d'un drame.

Un bilan provisoire fait état de 37 morts à la suite de cette tuerie, dont deux prêtres catholiques. Ils soutiennent qu'au regard de l'incapacité du gouvernement à assurer la sécurité de la population et de « la démission » de la Minusca face au défi sécuritaire, il ne reste plus qu'à saisir la bouée du dialogue. Ce, pour faire l'économie des morts.  

Surtout que « les gens qui meurent, ce sont des travailleurs avant tout », indique Zoh-Ponguele. Et que, dans l'arrière-pays « la première catégorie de travail, c'est l'agriculture », précise Ramadan. La RCA est un pays essentiellement agricole.

 Mais, « pendant que les mouvements syndicaux se battent pour l'amélioration des conditions de vie des travailleurs, ces derniers se font massacrer. Comme si le message que l'on délivre est qu' « il n'y a pas de place pour les travailleurs » dans les zones occupées, s'inquiète le secrétaire général du GSTC !

« Si déjà les serviteurs de Dieu se font massacrer, on imagine bien à quel point la vie des serviteurs de l'Etat n'a pas d'importance face aux groupes armés », poursuit-il. Cependant, les travailleurs vivent déjà dans des conditions précaires, signale celui de l'USTC.

Le pays est entré dans le cercle vicieux de la vengeance !

Noël Ramadan s'indigne de ce que les mêmes faits se répètent toujours comme s'il était impossible de conjurer le mauvais sort. « On parle, on parle mais rien ne change ! » Le secrétaire général illustre la délicatesse de la situation des travailleurs par le cas de Mbrès.

Récemment dans cette localité de Nana-Gribizi, des enseignants ont dû tout quitter pour regagner Bangui à cause de l'insécurité. Entre 2017 et 2018, au moins trois enseignants et autres cadres du corps académique ont perdu la vie dans des violences. Dans ces conditions, « je vois mal des fonctionnaires et agents de l'Etat accepter d'aller en mutation dans des zones occupées par les groupes armés. Ce serait les envoyer à l'abattoir », regrette M. Zoh-Ponguele.

« La violence, quelles que soient les motivations des uns et des autres, ne peut pas résoudre un conflit. Car elle appelle toujours la violence », soutient Ramadan. C'est le propre même de la forme que prennent les violences dans le pays : le cercle vicieux de la vengeance.

© PCRC-Cellcom – Askin Bamako

Publié par le PCRC

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