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Sibut : l'antenne préfectorale de l'OFCA combat les violences basées sur le genre


09/09/2021 - Sibut

Des témoignages recueillis lors de l’atelier de marketing et mobilisation sociale de la Cellule de communication de la Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique (PCRC-CellCom) à Sibut, le 4 septembre 2021, ont relevé  que les violences basées sur le genre (VBG) sont devenues monnaie courante dans la ville. En vue de réduire et réparer les conséquences de ces pratiques, et faciliter la réinsertion des survivantes dans la société, l’antenne préfectorale de l’Organisation des femmes centrafricaines (OFCA) mène des actions de sensibilisation des communautés sur la dignité et les droits des femmes.

A Sibut, chef-lieu de la préfecture de la Kémo, une femme est victime de VBG presque tous les jours. Ces cas sont très souvent enregistrés dans les foyers, pendant la période de la cueillette des produits des champs. Pour y faire face, l’antenne préfectorale de l’OFCA de la localité  sensibilise les survivantes et les bourreaux.

Selon Fanny Liliane Bissakounou, secrétaire générale de l’OFCA de Sibut, plus de 80 % des femmes sont victimes de violences sexuelles et physiques de la part de leurs époux. C’est pourquoi son organisation a fait de ces VBG son cheval de bataille. « La plupart des femmes qui participent aux activités que nous organisons sont battues par leurs époux, parce qu’elles leur refusent les relations conjugales. Les ménages se retrouvent en situation d'extrême difficulté pendant la période de la cueillette des produits du champ. Nous avons recensé plus d’une trentaine qui sont victimes de déni de ressources de service. Avec l’appui des autorités de la ville, nous avons sensibilisé les leaders communautaires sur les conséquences qui pourraient suivre ces actes. Nous pensons que ces messages ont été répercutés au sein des communautés », a-t-elle indiqué.

Soutien psychosocial de l’AFJC aux survivantes

L'Association des femmes juristes de Centrafrique (AFJC) a installé un centre d'écoute et d'assistance juridique au centre-ville de Sibut. Il apporte un soutien psycho-social et donne des orientations aux survivantes des VBG. « Chaque jour, nous enregistrons plusieurs formes de violences : viol, agression sexuelle, violence psychologique, violence physique, déni de ressources et d’opportunité de service… Le taux d’agressions sexuelles et de déni de ressources et d’opportunité de service a augmenté pendant cette période de cueillette. Ce ne sont pas que les femmes qui sont victimes des VBG. Les hommes en sont aussi victimes », a déclaré Annick Prestige Mbétimalet, officier juridique à l’AFJC de Sibut. Et d’ajouter : « Nous avons deux niveaux d’assistance et d’orientation. Le service psychologique aide les victimes à travers des conseils et des orientations psycho-sociales. Le service juridique mène la médiation entre les victimes et les bourreaux. S’il y a certains cas que nous qualifions de crimes ou délits, ce service oriente celles qui veulent  avoir accès à la justice », a-t-elle précisé.

Des cas de VBG sont également enregistrés dans les villages environnants de Sibut. Wilfried Stéphano Wake, président de l’antenne préfectorale de la jeunesse de la Kémo a, pour sa part, demandé au correspondant local de la PCRC-CellCom de mettre ces préoccupations au cœur des productions.  Afin d’amener les auteurs de ces pratiques à se désolidariser de ces comportements. Et que les hommes comprennent que les femmes ne sont guère des créatures inférieures.

© PCRC-Cellcom – Petrus Namkoina

Publié par le PCRC

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