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Pour le caridnal Nzapalainga, l'éducation des jeunes est la voie royale vers la paix


07/11/2018 - Bangui

Du 3 au 28 octobre 2018, le cardinal Dieudonné Nzapalainga a pris part au synode des évêques sur les jeunes à Rome, en Italie. La cellule de communication de la Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique (CellCom) l’a interrogé à son retour début novembre. Le cardinal Nzapalainga, archevêque de Bangui, encourage vivement les jeunes Centrafricains de toutes confessions à fréquenter les chemins de la paix à travers l’école et l’éducation.

CellCom - Eminence Dieudonné Nzapalainga, vous venez de participer au synode des evêques sur les jeunes qui s’est déroulé du 3 au 28 octobre 2018 à Rome. Le thème de cette assemblée des évêques autour du pape était : « Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel ». Quel est l’importance de ce thème pour les jeunes de Centrafrique ?

Cardinal Nzapalaïnga -  :Le synode, c’est l’assemblée des évêques qui a pour but d’informer et de conseiller le pape sur les grands enjeux de l’Eglise. En bref, le pape rassemble autour de lui des évêques et d’autres experts et personnes concernées, et ils travaillent ensemble sur un sujet. C’est sur les jeunes que le synode s’est penché cette année.

Ce thème est d’actualité dans mon pays qui est en train de renaître des cendres. Il vient comme une invitation que le pape, en communion avec les évêques, lance aux jeunes de mon pays de cesser la violence, de cesser la guerre et de ne rechercher que la paix.  Les jeunes Centrafricains, comme tous autres jeunes dans le monde, attendent la paix, la sécurité, l’éducation. Car on ne peut pas aller à l’école sous des balles, on ne peut pas vaquer à ses occupations quand on a des fusils qui circulent tout le temps. Nous pensons que plus que jamais, les jeunes en Centrafrique ont besoin qu’on puisse désarmer ceux qui sont porteurs d’armes et qu’on puisse prendre maintenant les armes de la Foi, les armes du dialogue pour exprimer les attentes, les angoisses, les préoccupations et trouver les solutions en société 

CellCom - Sur quoi avez-vous insisté dans vos différentes interventions en rapport avec la RCA ?

Cd. Nzapalainga - J’ai beaucoup insisté sur l’éducation. L’avenir d’un jeune c’est dans l’éducation. Or, on a fait miroiter à ces jeunes une vie d’urgence, une vie de l’immédiateté à travers les armes. Obtenir tout aujourd’hui et maintenant. Nous voulons les inscrire dans la patience, dans la durée. Nous voulons que ces jeunes apprennent à vivre des fruits de leurs efforts, pour pouvoir s’investir et gagner dans la durée. J’ai beaucoup insisté pour que l’Eglise puisse m’accompagner dans cette démarche d’’éducation.

CellCom - Comment les jeunes des autres confessions religieuses de Centrafrique vont-ils s’approprier les résolutions de ce synode ?

Vous savez, l’éducation concerne tous les jeunes, qu’ils soient musulmans, chrétiens ou protestants.  Quand l’école sera construite, ce sera pour tous et donc les jeunes des autres confessions, à l’instar de leurs frères de l’Eglise catholique, doivent s’adonner aux études et accorder de l’importance à l’éducation.

CellCom - Vous êtes un des trois leaders de la Plateforme des confessions religieuses de Centrafrique. Vous venez d’être nominés pour le prix Eliason du leadership mondial 2018. Ce prix vous sera remis le 15 novembre à Mexico. En quoi consiste-t-il et quel est son impact sur la situation de notre pays ?

Je voudrais d’abord placer ce prix sous le symbole de l’unité et de la réconciliation. C’est bien d’avoir assez de prix, mais ce qui est important, pour moi, c’est d’être proche du peuple, ce peuple qui a tant souffert depuis des années. Et ce prix vient justement encourager, au travers de nous, tous ceux qui se donnent pour le retour définitif de la paix dans notre pays.

© PCRC-CellCom - Interview réalisée par Eustache Michael Mounzatela

 


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