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Mobaye : la population réclame l'accès aux services judiciaires


19/02/2021 - Mobaye

Les populations de la préfecture de la Basse-Kotto et de la ville de Mobaye, chef-lieu, n’ont pas accès aux services judiciaires. Depuis la crise perpétrée dans certaines régions  du pays par la rébellion de l’UPC (Unité pour la paix en Centrafrique). Cependant, la population veut accéder aux services judiciaires afin de porter plainte contre les auteurs des exactions.

La ville de Mobaye, distante de 617 kilomètres de la capitale Bangui, avec 31.700 habitants, est divisée en cinq arrondissements. Elle a été créée par l’explorateur Leonel Léotard en 1898, et a été longtemps sous le contrôle du groupe armé UPC.  Ce climat a vite créé  des tensions dans la population. Malgré la présence des rebelles, elle mène ses activités quotidiennes dont la pêche et l’agriculture. Elle sollicite du gouvernement la marche du système judiciaire.

Pour elle, seule la justice peut réduire les crimes et autres exactions sur les paisibles gens.   Cependant, les combattants au faciès peulh sont confondus avec les éleveurs de la communauté musulmane résidente à Mobaye. Ali Ibrahim, un membre de celle-ci, déclare : « Nul n’est au-dessus de la loi. Il faut que les présumés coupables des violences dans la région donnent des explications à la justice. » Un  enseignant, père de famille du quartier Lawa, s’exprime sous couvert d’anonymat : « Les populations de la Basse-Kotto et de Mobaye recommandent au gouvernement la reconstruction des bâtiments administratifs, y compris les tribunaux et les maisons carcérales vandalisés par les ennemis de la paix lors des crises récurrentes. Et que la machine judiciaire soit en marche ! » Il précise que les procès pourraient donner aux bourreaux une leçon de prise de conscience.

De leur côté, les autorités locales affirment que le redéploiement des forces de sécurité, le retour de l’autorité de l’Etat, ainsi que la délocalisation des rebelles sont les conditions nécessaires à la pacification de la région et au respect des droits de l’homme. A l’heure actuelle, le bâtiment du tribunal et la  maison d’arrêt sont détruits.           

Aux dernières nouvelles, les agents judiciaires sont affectés dans cette partie Est du pays. Mais les concernés n’ont pas encore pris service à Mobaye, pour cause d’insécurité et de manque d’infrastructures judiciaires dans la ville et ses environs.

© PCRC-CellCom – Claire Stéphane Kokanzo

Publié par le PCRC

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