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Les victimes d'agressions sexuelles ont besoin d'une assistance psycho-sociale


23/08/2021 - Centrafrique

Depuis le 24 mars 2013, la République centrafricaine est entrée dans une crise militaro-politique la plus sanglante de son histoire, ayant occasionné de nombreuses victimes, souvent des femmes et des enfants.

Sachant combien de la femme joue un rôle important dans la société, le ministère de l’Action humanitaire, aidé par les organisations nationales et internationales, ne cesse de tout mettre en œuvre pour apporter des soutiens multiformes à ces victimes.

Si certaines personnes et organisations prônent l’application de la justice, d’autres s’investissent dans l’appui psychologique et social. Une manière de favoriser la réinsertion des victimes dans la société.

C’est dans cette optique que l’Association nationale d’appui aux femmes et jeunes filles libres, victimes de violence sexuelles et en situation de détresse (ANAF) a organisé plusieurs formations pratiques pour faciliter la réintégration sociale des victimes.  Cela a permis de réduire la pauvreté et la vulnérabilité des survivantes des violences sexuelles. Les formations portent sur les activités génératrices de revenus à savoir : la coiffure, l’hôtellerie, la décoration évènementielle et la mécanique.

« La formation que l’ANAF nous a fait suivre est bénéfique et va nous aider durant toute notre vie. Dans le passé, on se voyait perdues, car on était à la fois victimes des violences sexuelles et de la stigmatisation. Grâce à l’ANAF, on se sent mieux maintenant. On peut gagner notre pain quotidien dignement et les apports psychologiques nous ont permis aussi de surmonter les troubles qui nous dérangeaient », a témoigné Armande Inando, l’une des victimes formées par l’ANAF.

Pour la coordonnatrice de l’ANAF, Euphrasie Nanette Yandocka, son association va toujours lutter pour soutenir moralement les victimes. « Le sens de l’humanité nous oblige à apporter notre soutien à nos frères et sœurs victimes d’agressions sexuelles. Dans un passé récent, grâce au financement de l’ambassade de France, nous avons organisé la formation pour plus de cent trente victimes et leur avons remis des certificats. Si le gouvernement ou certains partenaires acceptent de financer nos projets, nous allons continuer ce genre de formations », a-t-elle déclaré.  

Selon Euphrasie Nanette Yandocka, le taux d’agressions sexuelles a largement augmenté lors de la récente crise provoquée par l’attaque des groupes armés de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC). Ils utilisent la violence sexuelle pour toucher la sensibilité des autorités nationales. Pour elle, il est indispensable de rendre justice. Mais aussi appuyer ces victimes sur le plan psycho-social pour qu’elles continuent à vivre comme les autres citoyens de la République.

© PCRC-CellCom –Brice Ledoux Saramalet

Publié par le PCRC

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