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Les veilleuses de la nation centrafricaine


08/11/2018 - Bangui

Quelques-unes de ces femmes sont toujours là les premiers vendredis du mois à la cathédrale de Bangui. Qu'est-ce qui peut amener ces femmes en ce lieu ? Avec cette régularité ? C'est le rendez-vous que se sont donné toutes les femmes chrétiennes catholiques pour, d'une seule voix, élever leurs cris vers le Seigneur.

Le Seigneur est le créateur du ciel et de la terre. Et donc de la Centrafrique, ce pays qui, depuis longtemps, ne connaît pas de paix. Paix tant espérée, tant souhaitée et recherchée par tous. Paix vers laquelle aussi nous portons tous nos espoirs d'un lendemain de sérénité et dequiétude pour vaquer à nos occupations et ainsi développer notre pays. C'est pour cela, toutes les femmes de l'archidiocèse se rencontrent, les premiers vendredis du mois, depuis sept mois déjà. La coordination des femmes catholiques avec leurs sœurs chrétiennes d'autres confessions a lancé cette initiative pour la cause de la paix commune. Les femmes - mères, épouses, compagnes et sœurs- sont toutes éprises de paix et sont meurtries dans leur chair chaque fois que la terre de ce pays s'abreuve dusang de ses enfants.

Elles saignent chaque fois qu'une vie s'arrête, qu'un humain devient inerte parce qu'abattu, poignardé ou découpé.Corps sans vie qui se comptent de plus en plus nombreux aux quatre coins du pays. Elles ne sont pas consultées, mais elles sont témoins des faits : assassinats et tiraillements qui dépassent l'entendement humain, combat et lutte fratricide pour des intérêts égoïstes et particuliers sans se soucier du mal que cela peut faire aux mères centrafricaines.

Ce vendredi 2 novembre, à 9 heures du matin, même en l'absence de la coordonnatrice nationale, cette prière du rosaire a débuté comme à l'accoutumée, animée par la coordonnatrice de la paroisse Saint-Sauveur, déléguée par la coordinatrice nationale pour la circonstance. Après le rosaire, un long temps d'intercession suit toujours ; chaque participante élève vers leSeigneur tout le poids apporté afin qu'il se charge de soulageret d'exaucer.

Actualiser les soucis des femmes centrafricaines

Le rosaire, c'est la prière par excellence. Il retrace la vie du Sauveur du monde depuis l'Annonciation par l'ange Gabriel via la Résurrection et l'Ascension jusqu'à la Dormition de sa mère et son couronnement au ciel dans la gloire du Père. La prière d'intercession est le moment pour chacune d'actualiser les soucis des femmes de la Centrafrique, et de tous les pays dans le tourment d'une guerre, dans une prière universelle devant le Saint-Sacrement. Sur les foulards portés par ces femmes on peut lire : « Femme chrétienne, debout et affirme-toi ! », « Femme chrétienne catholique, artisane de paix et de la cohésion sociale. »

Telles des fourmis, elles œuvrent dans la prière à l'exemple de Marie la mère du Christ qui était auprès de la croix jusqu'à l'achèvement glorieux. Elles attendent qu'il veuille bien accorder au pays la paix. Asa manière et au moment le plus opportun. Bien que le 2 novembre soit la fête des défunts à travers le monde, certaines des fidèles ont tenu à honorer ce rendez-vous pour présenter les situations actuelles de notre pays à Dieu en priant pour tous les inconnus qui sont décédés au cours de ces crises, des conflits et des guerres, en Centrafrique et dans le monde.

©PCRC-CellCom - Pulchérie Lala

Publié par le PCRC

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