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Le respect du prochain, fondement de la cohésion sociale à Bangassou


19/12/2018 - Bangui

Les bienfaits de la cohésion sociale et du vivre-ensemble refont surface parmi les communautés divisées de Bangassou, dans la préfecture du Mbomou. Aujourd’hui, chrétiens et musulmans se parlent comme avant la crise survenue dans cette localité en mai 2017.

La cohésion sociale et le vivre-ensemble s’installent progressivement au sein des communautés à Bangassou. L’invasion de la ville de Bangassou, le 13 mai 2017, par les groupes armés anti-Balaka et les exactions qu’ils ont commises sur la population ont mis à mal la cohabitation pacifique entre les chrétiens et les musulmans. N’empêche que suite à ces événements, c’est dans l’église catholique que les musulmans ont trouvé refuge.

La sécurisation de la ville par les FACA (Forces armées centrafricaines) a permis aux Animateurs de l’antenne de la Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique (PCRC) et au sous-préfet de Bangassou de réunir les leaders des deux confessions autour d’une table afin de débattre des questions les concernant. Les résolutions prises par les parties ont permis aux membres des deux communautés d’enterrer la hache de guerre et de s’engager sur le chemin de la paix, de la cohésion sociale et du vivre-ensemble.

Selon Francis Bangui Doungoupou, sous-préfet de Bangassou, les musulmans étaient des cibles à abattre lors de la crise. À l’en croire, « aucun musulman ne pouvait se permettre de sortir hors du site des déplacés de l’église catholique sous peine d’être abattu par les membres du groupe d’autodéfense qui pensent que tous les musulmans sont des tueurs de chrétiens et des pilleurs. Maintenant la situation a complètement changé. Les musulmans circulent librement dans la ville et ils mènent leurs activités sans crainte. Au marché, à l’hôpital, à l’école nous voyons circuler musulmans et chrétiens côte à côte, ce qui était impossible pendant la crise. »

La division est un obstacle à la cohésion sociale

Musulmans et chrétiens vivaient en parfaite harmonie à Bangassou jusqu’au moment où les Séléka ont pris le contrôle de la ville. Les multiples exactions qu’ils ont commises sur les chrétiens ont fini par pousser ces derniers à créer des groupes d’autodéfense. Ne pouvant contenir les assauts répétés des groupes d’autodéfense, les Séléka ont quitté Bangassou en direction de Mobaye, laissant les membres de la communauté musulmane à l’abandon. Suite aux crimes commis par les groupes d’autodéfense sur les musulmans, le tissu de la cohésion sociale et du vivre-ensemble fut déchiré, engendrant la division entre les deux communautés.

Selon Idriss Ali, porte-parole de la communauté musulmane, malgré le retour de la paix, du vivre-ensemble et de la cohésion sociale, les séquelles de la division demeurent. Il témoigne : « Malgré le retour de la paix entre les deux communautés grâce aux actions menées par l’antenne de la PCRC, les séquelles de la division n’ont pas disparu. Avant la crise, les relations de fraternité entre chrétiens et musulmans étaient meilleures. Cette crise a impacté négativement nos relations. Mais à présent, ce qui est important, c’est que les membres des deux communautés repartent sur une nouvelle base : l’amour du prochain. Cela fera disparaître les séquelles de la division et consolidera le tissu de la cohésion sociale et du vivre-ensemble entre les membres des deux communautés. »

Pour bannir l’esprit de division, l’antenne de la PCRC et les autorités locales organisent trois séances de rencontres entre le groupe des sages des deux communautés, les femmes, ainsi que la jeunesse. L’objectif visé étant la consolidation de la paix, la cohésion sociale et le vivre-ensemble.

© PCRC-CellCom - Jean Pierre Nambate Dounia

Publié par le PCRC

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