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Le dialogue interreligieux : à la découverte de la religion de l'autre


05/07/2018 - Bangui

En marge de la session de formation des leaders des diverses confessions religieuses - protestants, musulmans et catholiques - sur le dialogue interreligieux, tenue au centre Saint-Jean-XXIII à Bangui du 26 au 28 juin 2018, les participants ont eu l’occasion de visiter des sites de certaines institutions religieuses dans la ville de Bangui : la faculté théologique, évangélique de Bangui (FATEB), le siège de la Plateforme des confessions religieuses de Centrafrique (PCRC), la cathédrale Notre-Dame-de-l’Immaculée-Conception, l’archevêché, la résidence du président de la communauté islamique centrafricaine, le siège de la Conférence épiscopale centrafricaine et la mosquée El Atick..

Mohalim Aliou Ousseini, imam de la mosquée El Atick et 2e vice-président de la communauté islamique centrafricaine, participant au dit atelier, partage ses impressions.

Mohalim Aliou Ousseini, imam de la mosquée El Atick, est engagé dans les actions de restauration de la paix. Le devoir d’un imam, nous a-t-il dit, c’est avant tout de promouvoir la paix là où il se trouve : « La ’paix’ est l’un des noms de Dieu ; c’est pourquoi Dieu aime les artisans de la paix. » Le souhait du 2e vice-président de la communauté islamique de Centrafrique est que la République centrafricaine retrouve la paix et que chaque citoyen puisse librement vaquer à ses occupations.

À part l’archevêché de Bangui et la résidence de l’imam Oumar Kobine Layama, où il se rend parfois, les autres lieux visités sont une vraie découverte pour lui : « Beaucoup de choses m’ont marqué parce que j’ai visité des endroits où je n’étais jamais allé auparavant. C’est une source de satisfaction. Je prends l’exemple de la cathédrale où j’ai découvert des choses que je n’ai jamais vues. »

À la cathédrale Notre-Dame-de-l’Immaculée-Conception de Bangui, le groupe a visité la sacristie dans laquelle ils ont vu la soutane du défunt abbé Albert Tungumale Baba, conservée en un lieu sûr : « J’étais choqué, nous dit l’imam Mohalim Aliou Ousseini, quand on m’a dit que c’est le dernier habit porté par cet artisan de paix, parce que c’est quelqu’un avec lequel nous avons travaillé sur la cohésion et le retour de paix en Centrafrique. À présent l’acte est consommé. Peut-être est-ce la volonté de Dieu ; on n’y peut rien. Nous demandons à Dieu miséricordieux de lui accorder sa grâce et de l’accepter auprès de Lui ».

 Mohalim Aliou Ousseini, imam de la mosquée El Atick n’a pas dissimulé sa tristesse, sur la question de la mort de l’abbé Albert Tungumalé Baba. Cependant, il a déclaré que ce crime ne l’empêchera de continuer à travailler pour la paix en République centrafricaine. Il est plus que jamais déterminé à poursuivre le combat : « Au contraire, sa mort nous encourage à continuer la lutte qu’on a commencée ensemble. Si aujourd’hui les musulmans accèdent librement à leur cimetière, c’est grâce au concours du défunt abbé Albert Tungumale Baba qui a pesé de son poids pour que la paix règne entre cette partie du 6e arrondissement et celle du 3e arrondissement. Donc, nous irons jusqu’au bout. Là où on parle de paix, j’y serai présent même au prix de ma vie. »

Comment pense-t-il mettre en pratique les acquis de la formation sur le dialogue interreligieux ? De quelle manière sa communauté va-t-elle en tirer profit ? « Je suis imam, répond-il, je vais éduquer mes brebis sur la pratique du dialogue interreligieux dans mes prêches du vendredi. J’organiserai également des séminaires à l’attention des entités qui composent ma mosquée. »

Selon l’imam Mohalim Aliou Ousseini, « le musulman ne peut pas faire la rébellion ni porter illégalement des armes ». Il ne cache pas sa volonté d’aller travailler auprès de ceux qui se disent musulmans et qui continuent à détenir illégalement des armes, pour sévir contre la population de Centrafrique : « Nous allons toujours trouver un moyen de dialoguer avec eux. Mais il faut noter qu’avec ceux-là, nous ne sommes pas en dialogue. Nous cherchons plutôt à parler à leurs cœurs, afin qu’ils puissent changer leur comportement. L’homme est sacré et on ne doit pas le réduire à l’état animal. Le prophète Mahomet a dit : ‘même si deux musulmans s’entretuent à l’aide d’armes blanches, ils iront directement en enfer’, à plus forte raison un musulman qui tue un chrétien ! »

© PCRC-CellCom - Gérard Merlend Ouambou Guela

Publié par le PCRC

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Pour la Paix et la Cohésion Sociale par une approche interreligieuse
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