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Le carême, un temps à vivre avec ses frères d'autres religions. Une initiative de jeunes dans le quartier Bimbo


26/02/2020 - Bimbo

Samuel, un jeune protestant de Bimbo, a décidé de vivre le carême comme une démarche spirituelle de purification, mais également de communion avec ses frères chrétiens catholiques, mais aussi d'autres confessions religieuses.

Âgé d'une vingtaine d'années, Samuel, un jeune protestant, habite le quartier Bimbo, à la périphérie de la ville de Bangui. Cette année, il a décidé de vivre le carême avec cinq amis : deux catholiques, un musulman et deux protestants. Sa décision s'inscrit dans la perspective de la découverte de la religion de l'autre.

Très engagé dans le dialogue interreligieux, il nous dit les motifs de son choix : « Ce qui m'a vraiment poussé à jeûner cette année avec mes frères catholiques, explique Samuel, c'est le témoignage d'une amie catholique qui m'a impressionné l'an dernier. En effet, l'année passée, au terme de son jeûne, j'ai pu remarquer une réelle transformation dans sa vie. Quand, j'ai appris que le carême commençait cette année, le mercredi 26 février, j'ai décidé de me joindre à mes frères et sœurs catholiques ».

L'un des amis musulmans de Samuel a décidé de se joindre à eux. « Le carême, a-t-il déclaré, revêt une signification particulière, surtout dans le contexte actuel de la République centrafricaine. Le carême doit être vécu en pleine communion avec ceux qui souffrent actuellement dans l'arrière-pays, particulièrement dans le nord-est, précisément à Bangassou dans le Mbomou, à Birao dans la Vakaga, à Bria dans la Haute Kotto. C'est seulement en jeûnant et en priant pour tous ceux qui souffrent que ce carême vaut la peine d'être pratiqué. Chez nous, le jeûne est ancestral, c'est un véritable retour aux sources divines. Et le jeûne du ramadan prochain va revêtir cette intention de prière pour la paix dans notre pays et la cohabitation pacifique. »

Mais en quoi consiste le carême catholique ? Pascal, un jeune catholique du groupe de Moussa et Samuel, explique : « Le carême consiste à se priver de boisson, de nourriture et d'autres biens. Et ce que nous épargnons, nous l'utilisons pour venir en aide aux pauvres, aux nécessiteux, bref à tous ceux qui souffrent. Nos privations pendant le carême doivent aller aux pauvres ».

L'abbé Serge Gabin Ngaïmbona a voulu compléter l'explication de Pascal : « En plus du jeûne, le carême est également un temps de réconciliation avec les autres. Nos relations humaines sont soumises à de nombreux aléas : tensions, conflits, indifférence, ingratitudes, infidélités, reniements, trahisons, ruptures… Nous en faisons tous l'expérience. Le carême est un temps favorable pour reconsidérer notre vie avec Dieu et avec nos frères et sœurs, et nous souvenir de l'œuvre réconciliatrice du Christ : il nous a réconciliés avec Dieu, afin que nous soyons ambassadeurs de la réconciliation les uns envers les autres. À ce titre, nous sommes invités à aller auprès de nos frères qui nous ont blessés pour nous remettre ensemble, qu'ils soient musulmans, catholiques, protestants… selekas ou antibalakas. Remettons-nous ensemble pour que la paix soit effective dans notre pays ».

© PCRC-CellCom

Publié par le PCRC

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