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La prostitution en milieux scolaire et universitaire


09/08/2018 - Bangui

Dans la ville de Bangui, il existe des endroits dont la fréquentation pendant la nuit comporte des risques particuliers. Il ne s’agit pas d’actes de violence ni d’agression. Mais des lieux où sans retenue ni pudeur, des jeunes filles proposent aux passants une partie d’aventure sexuelle. Au nombre de celles-ci, beaucoup d’élèves et d’étudiantes.

La prostitution en milieu scolaire et universitaire en Centrafrique, et particulièrement à Bangui, n’est plus un sujet tabou. La pauvreté, la mauvaise fréquentation et les vices sont cités comme les principales causes de ce vagabondage sexuel. D’innombrables risques de maladies accompagnent toute vie sexuelle hasardeuse et aventureuse. La prostitution est un fléau qui détruit le vivre-ensemble et la cohésion sociale.

Le phénomène de la prostitution sexuelle en milieu scolaire ou universitaire consiste pour les élèves et pour les étudiantes à se positionner à des endroits stratégiques, le soir surtout, pour appâter les hommes. Souvent jeunes, fraiches et prêtes à tout, elles récoltent de l’argent qu’elles vont mettre en épargne en vue de subvenir à leurs besoins ou pour supporter leurs frais de scolarité. Vous verrez ces filles drainer des sous en quantité ; certaines ont des portables que même un haut fonctionnaire ne peut s’acheter. Elles sont généralement à la recherche du luxe ; et, pour cela, elles se livrent, hélas, à la prostitution.

Selon un médecin qui a requis l’anonymat, les filles qui se sont lancées dans cette activité se connaissent : « C’est un groupe bien constitué. Les filles se connaissent et n’ignorent pas par quelles activités elles souscrivent leurs parts. Les mises commencent à 2000 FCFA. Certaines souscrivent le double voire le triple. Tout dépend de la capacité de l’intéressée à supporter plusieurs rapports sexuels dans la nuit ou la journée. Et cette sorte de tontine se fait chaque jour », nous a-t-il déclaré !

Si la pratique de la mise n’est pas connue du grand public, c’est bien à cause de la discrétion qui l’entoure. « Nous avons noté ces comportements déviants dans certains coins de Bangui, même la nuit au niveau de l’université. Il faut noter que ça se répand très rapidement », déclare Jean-Baptiste, un étudiant.

Certaines prostituées quittent leur ‘partenaire’, qu’il faudrait appeler leur bailleur de fonds simplement à cause de la jalousie excessive de celui-ci. C’est ce dont témoigne Kantoé, une prostituée âgée de 20 ans : « J’ai dû quitter celui avec qui j’étais à cause de sa jalousie excessive. Il voulait diriger ma vie, tout contrôler et apprivoiser ma vie ; ce que je n’ai pas supporté ».

Depuis lors, elle est retournée dans le ‘multipartenariat’ sexuel. Trois ou quatre fois par semaine, collants ou pantalons moulants, hauts sexy, elle arpente l’esplanade de l’université, lieu de grande affluence nocturne, ou d’autres endroits stratégiques et animés de la ville.  Et les clients ne manquent pas. Bonne bouffe, boissons fraiches… et la soirée finit au lit, pourvu que le client soit bon payeur. Autrement le rendez-vous est pris pour une autre fois.

Pour d’autres, comme Maryse, c’est à cause des parents qu’elle s’est retrouvée dans la rue : « Je me suis retrouvée dans la rue à cause de mes parents qui ont refusé de me payer les frais d’études. Je me voyais obligé d’aller dans la rue chercher l’argent », s’est-elle confiée.

Pour le président de l’association OJD, M.Yarissem, les parents sont responsables de ce qui se passe. Selon lui, la société a évolué et le sexe n’est plus un tabou ; dès lors, indique-t-il, les parents doivent mettre un point d’honneur à l’éducation de leurs enfants : « Celles qui s’adonnent à une telle pratique n’ont pas reçu la rigueur de l’éducation. Les parents ont certainement une défaillance sur le point de l’honneur et de la dignité dans l’éducation ». Mais, ajoute-t-elle, les parents ne sont pas seuls responsables : la morosité économique qui sévit dans le pays est pour beaucoup dans ce phénomène.

© PCRC-CellCom - Michael Eustache Mounzatela

Publié par le PCRC

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