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La cohésion sociale revient progressivement à Bangassou, capitale du Mbomou


26/11/2018 - Bangassou

la sécurisation de la ville de Bangassou par les FACA (Forces armées centrafricaines) a permis aux leaders de l'antenne de la Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique (PCRC) de Bangassou de réunir les leaders des deux communautés autour d'une même table. Ils ont débattu des questions qui continuent de diviser leurs ouailles.

La rencontre a permis aux leaders de prendre des engagements et de poser des actes qui, aujourd'hui, ont favorisé le retour progressif de la cohésion sociale et du vivre-ensemble entre les membres des deux communautés. Selon Omar Abdelkader, du groupe des sages de la communauté musulmane, il n'y a plus de raison de continuer à se regarder comme des ennemis. Il ajoute : « Les politiques nous ont divisés à cause de leurs intérêts. Nous devons prendre conscience de ce que notre pays va devenir si nous continuons à pratiquer la politique de division et de haine qui nous est inculquée par les ennemis de la nation. Nous sommes tous des fils de ce pays et nous avons l'obligation de vivre ensemble comme jadis, afin de barrer la route à tous ceux qui désirent détruire la Centrafrique. »

Le tissu de la cohésion sociale est recousu

Suite à plusieurs rencontres organisées par les leaders de l'antenne de la PCRC de Bangassou, à l'école, au marché et dans d'autres endroits, chrétiens et musulmans sont unis. Pour Jean Gbébondji, pasteur de l'Église Coopération de Bangassou, la division et la haine n'ont plus droit de cité entre les communautés musulmanes et chrétiennes. Et de préciser : « Au plus fort de la crise, un musulman ou un chrétien ne pouvait pas aller dans le camp de l'autre. Maintenant, au marché, à l'école, à l'hôpital ou dans d'autres endroits, les chrétiens et les musulmans sont ensemble. Parfois les musulmans vivant dans la parcelle de la paroisse catholique se promènent dans les quartiers sans être inquiétés. C'est nouveau, et cela démontre que les actions menées par les leaders de Bangassou en faveur du retour de la paix, de la cohésion sociale et du vivre-ensemble ont porté des fruits. »

Pour le préfet de Mbomou, Pierrette Bengéré, la cohésion sociale et le vivre-ensemble sont des moteurs du développement. Elle rappelle : « Si les habitants du Mbomou ne vivent pas en symbiose, toutes les stratégies mises en place par le gouvernement pour le développement de la préfecture finiront par échouer. Il est important que tous, sans exception, nous nous unissions sans barrière raciale, tribale ou linguistique pour œuvrer de commun accord en vue du développement de notre pays. »

Pour rappel, en mai 2017 le départ précipité des éléments de la coalition rebelle Séléka suivi par le contrôle de la ville de Bangassou par les anti-Balaka avait détruit le tissu de la cohésion sociale et du vivre-ensemble entre les deux communautés. Les musulmans agressés s'étaient réfugiés à l'église catholique où ils ont été placés sous la protection des soldats marocains de la MINUSCA. Aujourd'hui, ils sont libres de tout mouvement.

© PCRC-Cellcom - Jean-Pierre Nambate Dounia

 

Publié par le PCRC

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