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Kaga-Bandoro : les leaders de la PCRC rencontrent les chefs des groupes armés et des sites de déplacés


10/10/2020 - Kaga-Bandoro

Dans le cadre du retour de l’unité, du vivre-ensemble et de la cohésion sociale, gages d’une paix durable à Kaga-Bandoro, une délégation des leaders de la Plateforme des confessions religieuses de Centrafrique (PCRC) a séjourné dans cette localité du 7 au 10 septembre 2020. En mettant un terme à cette chronique sur la mission des leaders religieux dans cette partie du centre du pays, nous relatons la rencontre avec les groupes rebelles Séléka et Anti-balaka, ainsi que les représentants des déplacés.

D’emblée, notons que les Séléka portent l’étiquette musulmane, tandis que les Anti-balaka sont prétendument chrétiens. Les leaders de la PCRC ont pris langue avec cinq chefs rebelles le 8 septembre, en fin d’après-midi. En présence de Ramady Mamadou, vice-président du conseil d’administration de la Plateforme, de Dr Boris Yakoubou, l’un des partenaires qui a financé la mission de Kaga-Bandoro, et de prêtres. La séance a débuté par une prière dite par l’imam Kobine Layama.

Au menu : l’insécurité dans la ville et ses environs, la cohésion sociale, les échéances électorales et l’Accord de paix dit de Khartoum. Le cardinal Nzapalaïnga a donné la parole, en premier, au général Séléka. Comme celui-ci estimant que les points ci-haut relevaient de la politique, il a fallu lui préciser la mission de la PCRC. Celle-ci n’est pas un organe de l’Etat ni un démembrement de la société civile. Il s’agit, non seulement de prier, mais également « d’œuvrer pour le bien-être intégral de l’homme ».

La libre circulation des personnes et des biens, un préalable au retour de la paix

Rassuré, le général a affirmé que les deux groupes rebelles ne s’affrontent plus depuis belle lurette. Ils respectent l’esprit et la lettre de l’Accord de Khartoum. Il a déclaré à cette occasion : « Les barrières et les bâtiments administratifs ont été libérés et nos hommes sont prêts pour le programme DDRR. Nous craignons seulement que le gouvernement n’accorde pas les mesures d’accompagnement après le désarmement, comme ce fut le cas à Ndélé (centre-nord du pays, ndlr). Quant au retour des déplacés chez eux, il dépendra de la réussite de ce programme Désarmement-Démobilisation-Réinsertion. » Les chefs Anti-balaka ont abondé dans le même sens.

Les trois leaders religieux les ont exhortés à œuvrer pour la libre circulation des personnes et des biens dans la localité, condition sine qua non du retour de la paix. Toutefois, il faut un sursaut patriotique aux groupes rebelles. La prière finale a été confiée à l’abbé Pothin Vosy Kango.

Enfin, les déplacés ont dénoncé une litanie de méfaits à leur encontre. Il y a eu, au total, cinq rencontres avec eux. Sur un site, un homme et trois femmes ont donné des témoignages poignants sur les difficiles conditions de vie : (i) les enfants ne vont pas à l’école et les filles sont violées publiquement ; (ii) l’alimentation est précaire ; (iii) les mesures barrières contre la Covid-19 n’existent pas ; (iv) les veuves sont au bord du désespoir ; (v) l’impossibilité de cultiver la terre ; (vi) que faire avec les incendies qui viendront avec la saison sèche à partir de novembre ?; (vii) la parcimonie des ONG… Enfin, les déplacés ont réclamé le désarmement des groupes armés afin de circuler librement.

© PCRC-CellCom

Publié par le PCRC

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