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Fin du ramadan 2018 : « La terre appartient à Dieu et toute la terre est un lieu de célébration »


13/06/2018 - Bangui

La fin du mois du ramadan 2018 est proche. Cette année, en Centrafrique, le ramadan s’est vécu, pour beaucoup de musulmans, dans une ambiance particulière à la suite des événements du 1er mai.

À l’approche de la fin de la période de jeûne et en dépit du climat de méfiance persistant dans la ville de Bangui, les musulmans s’attèlent aux préparatifs de la fête. Toutefois, certains se demandent où la célébrer, vu le climat d’insécurité dans certains quartiers de Bangui.

Cette année, à Bangui, le ramadan s’est vécu de manière différente des autres années. Ainsi dans le 6e arrondissement de la ville de Bangui, depuis le 1er mai 2018, il est difficile de se réunir et de prier en groupe en public. Des personnes mal intentionnées essaient de jeter le trouble. D’autres font du chantage en formulant des menaces : « Si nous voyons des musulmans en groupe dans le secteur, nous allons leur jeter une grenade, nous allons nous en prendre à eux ».

Abdoulaye Ouasselegue, imam de la mosquée de Pétévo située dans le 6e arrondissement de Bangui et conseiller au bureau de la communauté islamique centrafricaine, témoigne : « La communauté islamique centrafricaine (CICA) avait instauré au début du mois de ramadan 2018 les thèmes de réconciliation et du pardon, afin de permettre aux musulmans de bien vivre ce mois. Mais, ajoute-t-il, dans certains arrondissements de la ville de Bangui la liberté de prier a été restreinte, plus précisément au km 5. Dans le 3e arrondissement il y a encore des lieux de culte dans lequel, les gens peuvent se rassembler pour célébrer le mois de ramadan. Dans leurs sermons, les responsables religieux du PK 5 insistent sur le pardon », a-t-il conclu.

Il témoigne également comment ce ramadan 2018 a été vécu à la mosquée de Pétévo : « Du point de vue spirituel, il n’y a pas de différences entre les pratiques du mois de ramadan cette année-ci par rapport au passé. Mais dans la vie quotidienne des pratiquants, effectivement il y a un problème de sécurité. Sinon, chaque musulman observe scrupuleusement en famille les préceptes édictés par le Coran et la Sunna du prophète Mohamed, mais sans pour autant se regrouper dans un endroit public. »

« Quand le président de la communauté islamique centrafricaine avait évoqué le pardon durant le mois de ramadan, c’est un pardon qui doit être réciproque. Chacun doit faire l’analyse de sa conscience : ‘dans mes relations avec les autres, qu’est-ce que j’ai fait de mal ?’ Et quand vous trouvez quelque chose à vous reprocher, il faut chercher à nettoyer cela. Comment nettoyer ? Par le pardon. En prenant l’engagement de ne plus refaire cela. Le mois de ramadan est un temps de grâce. Tout le monde reçoit la grâce de Dieu : la miséricorde, parce que Dieu est miséricordieux. Dieu accorde sa grâce à tout le monde sans distinction. Il accorde son pardon : mais il ne l’accorde qu’à ceux qui se rachètent d’une manière honnête en demandant solennellement pardon. Comment demander le pardon alors ? En commençant par se reconnaitre pécheur, fautif et puis en s’engageant à ne plus répéter ce mal. ».

L'imam Abdoulaye Ouasseregue poursuit en exhortant les Centrafricains « La fin du ramadan est le moment de lancer le message, à tous les frères musulmans, à tous les frères chrétiens, à tous les Centrafricains quelle que soit leur croyance, que nous avons été tous créés par Dieu. Le message de toutes les religions est de reconnaitre la valeur humaine. À tous ceux qui se réclament de l’islam et qui continuent de faire du mal aux autres, le prophète Mohamed leur dit : ‘Nul n’a la foi, s’il aime son prochain’. Et aux chrétiens Jésus dit : ‘Le plus grand amour, c’est d’aimer son frère comme soi-même’. »  

Il a enfin rappelé aux fidèles musulmans de Centrafrique que « Dieu a dit : ‘Toute la terre est une mosquée’. Mais si vous délimitez un enclos pour dire que c’est seulement ça la mosquée, moi je dis que c’est faux. C’est pour cela que chaque musulman célèbre sa prière même dans sa chambre ; ça veut dire que chaque maison est une mosquée. Alors, si vous avez une grande cour devant chez vous et que vous estimez qu’il y a un minimum de sécurité vous pouvez vous regrouper et prier même devant votre cour, il n’y a pas de problème pour cela, parce que la terre appartient à Dieu et toute la terre est un lieu de célébration et de prière. »

© PCRC-CellCom

Publié par le PCRC

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