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Femmes et médias en Centrafrique : concilier vie professionnelle et vie familiale


06/06/2018 - Bangui

Les dernières décennies ont vu l’émergence d’une multitude de médias en Centrafrique. Depuis l’ouverture du Département des Sciences de l’Information et de la Communication à l’Université de Bangui, de nombreuses femmes ont choisi d’embrasser la carrière de journaliste, d’animatrice d’antenne ou de technicienne. La radio étant leur média préféré, la plupart d’entre elles y travaillent aujourd’hui. Dans ce monde plutôt rude où, il y a encore quelques années, les hommes prédominaient, les femmes se sont imposées.

Progressivement, patiemment, les femmes ont conquis la scène médiatique. Elles y sont même devenues majoritaires. Certaines sont même devenues des personnalités de premier ordre dans le milieu.

Inès Kamagnaode, étudiante de la première promotion de journalistes formés au Département des sciences de l’information et de la communication de l’Université de Bangui, ancienne journaliste de Radio Ndeke Luka, est actuellement rapporteur-général adjoint du Haut Conseil de la Communication. Pour elle, la femme doit savoir se battre honnêtement, et Dieu fera le reste : « Je suis entrée dans la communication par nécessité, pour essayer de m’en sortir. J’ai commencé à la Radio Linga Fm comme journaliste, sans aucune base, je l’avoue. Puis, quand le Département des Sciences de l’Information et de la Communication a été ouvert à l’Université de Bangui en 2008, je m’y suis tout de suite inscrite. Dès l’obtention de ma licence en 2012, j’ai été recrutée par la Radio Ndeke Luka. C’est de là que, sous les encouragements de mes collègues, j’ai concouru pour me retrouver là où je suis aujourd’hui, à savoir au Haut Conseil de la Communication en tant que Rapporteur général adjoint. Tout ceci est arrivé par la grâce du Seigneur. Je me suis battue pendant des années pour subvenir à mes besoins ainsi qu’à ceux de mon fils unique. Dieu me prouve son amour, et je l’en remercie chaque jour. » Et de poursuivre : « J’ai dû faire beaucoup de sacrifices pour être là aujourd’hui, et je continue d’en faire. Dieu merci, ma famille connait les inconvénients de mon métier. Nous arrivons plus ou moins à nous organiser pour avoir une vie de famille harmonieuse », poursuit Inès.

Élise Lugo, elle, est la cheffe du service de production-animation-réalisation de Radio Centrafrique. Cette femme battante est quant à elle « tombée » dans la communication par hasard. Elle témoigne : « Au cours d’une visite à un parent à la Radio-Notre-Dame, l’un des responsables de la radio a été séduit par ma voix. Ils m’ont appelé pour un stage à l’animation d’antenne ; ils m’ont très vite fait signer un contrat. Après la Radio-Notre-Dame, je suis allée à la Radio Evangile Néhémie. Aujourd’hui je suis à Radio Centrafrique, où j’ai gravi les échelons jusqu’à être maintenant la cheffe du Service de production-animation-réalisation. Pour moi, c’est d’abord à la femme des médias elle-même de savoir ce qu’elle veut, la place qu’elle veut occuper. L’un des grands combats que mènent les femmes des médias et qui, malheureusement, passent trop souvent inaperçus est celui d’arriver à concilier vie professionnelle et vie de famille. Parce qu’il est extrêmement compliqué, et épuisant de gérer convenablement son foyer et ses activités professionnelles quand on est dans le secteur des médias. Par exemple, vous pouvez être désignée le matin pour partir dans l’après-midi en reportage ou en mission de plusieurs jours ; ou encore, présenter la grande édition du journal du soir, etc. La femme des médias qui veut réussir doit souvent faire d’immenses sacrifices. »

La République centrafricaine se veut promotrice de l’égalité des sexes. Un ministère de la Promotion de la femme, de la famille et de la protection de l’enfant a même été créé. Les femmes ont alors toutes les raisons de vouloir s’imposer. Aussi, le contexte centrafricain avec ses crises à répétition à prouvé l’évidence que la place de la femme en tant que pilier du relèvement économique et social du pays n’est plus sujet à débats. Et cela vaut pour la femme des médias.

© PCRC-CellCom - Élodie Poloko

Publié par le PCRC

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