Retour

Cireur de chaussures : un métier qui nourrit toute une maisonnée


08/08/2018 - Bangui

Munis d’un sac au dos, d’une brosse à cirage et en main d’un morceau de bois servant de pose-pieds, ils déambulent à travers la ville de Bangui en tapant sur le coffre pour attirer l’attention des clients. Ces cireurs de chaussures sont pour la plupart âgés de 15 à 25 ans.  Grâce à ce métier, ils nourrissent leurs familles et scolarisent leurs jeunes frères et sœurs.

Les cireurs de chaussures arrivent généralement au centre-ville vers 6 h du matin ; ils y restent jusqu’aux environs de 16h30, voire 18 h. Curieusement, la plupart d’entre eux habitent dans les quartiers périphériques de la ville de Bangui.

Ce métier leur permet de gagner en moyenne 7 000 ou 8 000 francs CFA par jour, nous ont-ils dit. Leur cible, c’est d’abord les élèves, ensuite les étudiants et les enseignants avant le début des cours.et ce, en attendant que les fonctionnaires de l’État et d’autres employés se pointent à leurs lieux de travail respectifs. Ils disposent de deux catégories de clients : il y a des clients d’honneur, c’est-à-dire ceux qui paient plus que le montant exigé dans le but d’encourager les cireurs de chaussures, et les clients normaux, ceux qui paient 200 ou 300 francs, c’est-à-dire le tarif normal selon qu’il s’agit des élèves ou des enseignants et qui leur sont fidèles. 

Âgé de 19 ans, Albert raconte qu’il a dû quitter l’école en 2e année du cycle d’orientation suite à la mort de son père. Dès son jeune âge, il rêvait de devenir pilote de grande renommée. Mais hélas, le destin en a décidé autrement pour ce héros qui se sacrifie pour offrir à ses cadets et cadettes ce qu’il n’a pas pu réaliser à travers son rêve : « A la mort de mon père, explique-t-il, ma mère semblait très perdue parce que la famille de mon père nous avait dépouillés de tout, en nous ravissant tout. Une année plus tard, poursuit-il, je me suis lancé dans ce métier pour aider ma mère et voilà qu’aujourd’hui par la grâce de Dieu, j’ai pu réaliser un certain nombre de choses. Comme quoi, il n’y a pas de sot métier », s’est-il confié.

Histoire similaire pour Geoffroy, un cireur âgé de 25 ans. Il s’est lancé dans ce métier pour soutenir sa maman commerçante au marché : « Ma mère nous nourrit grâce à son petit commerce de farine de maïs, mais elle a également besoin d’un peu d’argent pour rehausser son chiffre d’affaires. Voilà pourquoi, par souci de ma mère, je me suis lancé dans ce métier », confie-t-il.

« Les jeunes qui se livrent à la délinquance juvénile me font pitié », déplore Onésime ; grâce à ce métier, dit-il, il est financièrement indépendant : « Contrairement aux jeunes de mon âge, je suis financièrement satisfait du peu que je gagne ».

Les jeunes cireurs contribuent pour beaucoup dans leurs familles respectives. Au lieu de voler, de braquer, de commettre des actes de banditisme et de vandalisme, ces jeunes cireurs gagnent honnêtement leurs vies sous le chaud soleil de Bangui.

Ces jeunes cireurs ont une association dénommée « Ita londo, é gbou maboko » qui littéralement veut dire « Frère lève-toi et tenons-nous la main ». Dans cette association, les uns et les autres s’exhortent à la paix, à l’épargne, au vivre-ensemble et à la cohésion sociale.

© PCRC-CellCom - Eustache Michael Mounzatela

Publié par le PCRC

PCRC-RCA.org
Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique
Pour la Paix et la Cohésion Sociale par une approche interreligieuse
info@pcrc-rca.org