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Centrafrique : indépendant depuis 61 ans, le pays cherche toujours la paix


13/08/2021 - Centrafrique

Le 13 août 2021, la République centrafricaine a célébré le 61e anniversaire de son indépendance. A cette occasion, le président Faustin-Archange Touadéra a réitéré son engagement à ramener la paix, en luttant contre les antivaleurs qui empêchent le développement du pays.

Le 13 août 1960, la République centrafricaine (RCA), ancienne Oubangui-Chari, membre de l’Afrique équatoriale française (AEF) de 1910 à 1960, accéda à la souveraineté internationale dans le sillage de la vague des indépendances. L’instituteur David Dacko devint le premier président de la jeune nation. Mais très tôt, l’instabilité, qui reste la marque du pays, commença et se poursuivit encore aujourd’hui. Avec, notamment, des groupes rebelles qui persistent malgré plusieurs accords de paix.

Au lendemain de sa réélection en mars 2021, le Pr Faustin-Archange Touadéra s’est engagé à organiser un ‘’dialogue républicain’’ pour mettre un terme aux crises récurrentes que traverse la RCA. A cette heure, les autorités préparent ces assises. Un comité d’organisation a été mis en place et poursuit ses travaux.

Dans son adresse à la nation le 13 août 2021, le Pr Faustin-Archange Touadéra est revenu sur le projet du dialogue. En évoquant la mémoire des pères fondateurs, en particulier l’abbé Batrhélémy Boganda, le président de la République a loué leur détermination à conduire le futur Etat vers son indépendance. Il a déclaré : « Leur patriotisme et les principes qu’ils ont défendus ont encore un écho. Ils doivent nous aider à transcender ces temps troublés où nous nous préparons à aborder un grand moment de réflexion et de dialogue entre tous. »

Le « dialogue républicain »

Ce dialogue républicain, pour lequel il convie les forces vives de la nation est, à ses yeux, « un appel à l’action lancé à tous pour que nous puissions nous dresser face aux défis de la transformation de notre pays ». Pour la réussite de ce rendez-vous, le président Touadéra met en avant sa « qualité de symbole de l’unité nationale » ; c’est une « occasion idoine pour exorciser le mal centrafricain et définir les priorités du développement de notre pays ». Précisant que « ce n’est nullement l’occasion d’opposer les filles et fils du pays, de les dresser les uns contre les autres ». 

Les antivaleurs

Cependant, la lutte pour le pouvoir n’est pas le seul défaut congénital de la RCA. Le pays doit surtout lutter contre les antivaleurs, ayant pris racine au point d’annihiler les efforts de développement. « La division, le tribalisme, le népotisme et la corruption, érigés en modes de gouvernance politique, ont très vite vidé notre indépendance de son sens », a reconnu le président Touadera. Tôt, Barthélémy Boganda avait mis en garde : « La division, le tribalisme et l’égoïsme ont fait notre malheur dans le passé. La division, le tribalisme et l’égoïsme feront notre malheur dans l’avenir ». 

Selon le président Touadera, ces antivaleurs ont causé « un retard chronique de développement socio-économique faisant de notre pays le plus pauvre au monde, des milliers de pertes en vies humaines et des biens publics et privés, des déplacements massifs de nos populations, accompagnés de crises humanitaires aigues, des pillages de nos ressources naturelles, l’insécurité généralisée du fait de l’introduction dans notre pays des mercenaires étrangers pour la conquête brutale des pouvoirs de l’Etat à des fins égoïstes, pour ne citer que ces malheureux exemples. »

Pour en finir avec ces maux, il compte sur une communion d’esprit de ses compatriotes, notamment à travers ces assises en préparation. Mais surtout dans un esprit de dialogue permanent afin, dit-il, de hisser la RCA au rang des pays émergents.

Poursuivre le bon voisinage et la mise en œuvre de l’Accord de paix

La paix en RCA dépend aussi des relations de bon voisinage avec les pays voisins. Dans cette logique, Touadéra a pris des engagements : « Je continuerai à œuvrer au renforcement des relations de bon voisinage avec tous les pays frères qui nous entourent. De même que je veillerai à la densification et à la diversification de nos relations d’amitié et de coopération avec tous les pays du monde. »

Un autre levier sur lequel le dirigeant centrafricain entend s’appuyer, c’est la poursuite de la mise en œuvre de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation (APPR-RCA). Négocié Khartoum, capitale du Soudan, il a été signé le 6 février 2019 à Bangui. Il est motivé par l’idée d’actionner toutes les machines possibles afin de raffermir la paix, première priorité.

Enfin, Touadéra a lancé « un vibrant appel aux forces vives de la Nation à s’impliquer et à privilégier l’apaisement, la bonne foi, la sagesse et les débats d’idées ». Se référant à la devise nationale léguée par Barthélémy Boganda, premier leader du pays disparu tragiquement avant l’indépendance, le président de la République a appelé ses compatriotes à rester unis même dans les divergences d’idées. « Car, a-t-il poursuivi, cette unité constitue notre force et notre meilleur atout face au défi de développement de notre pays ».

© PCRC-CellCom – Askin Bamako

Publié par le PCRC

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