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Bangassou : Les femmes actrices de paix


26/04/2018 - Bangassou

En dépit du climat conflictuel qui prévaut dans la ville de Bangassou, les femmes de cette localité sont restées unies et engagées pour la paix. Elles sont restées de ferventes partisanes de la réconciliation et de la tolérance. Seulement, comment faire pour protéger cette cohésion sociale et l’approche qui caractérisent les femmes de la ville de Bangassou ? Quel rôle doit-on leur attribuer pour maintenir leur élan fédérateur des bonnes volontés dans le Mbomou ?

La paix selon la présidente de l’OFCA du Mbomou

Selon la présidente préfectorale de l’Organisation des femmes de Centrafrique (OFCA) du Mbomou, la paix ne peut être évoquée que lorsqu’il y a chez une personne, un bon état de santé mentale et physique. Selon ses propos, c’est lorsque les populations vivent et s’acceptent sans avoir besoin d’y être poussées qu’on peut, sans inquiétude, affirmer qu’il y a la paix et la cohésion sociale. Si des familles vivent dans un même espace et n’éprouvent aucune crainte qui se rapporte à la présence de gens qui leur inspirent la peur et la panique, alors il y a la quiétude, la paix et la tranquillité.

Selon cette approche défendue par la présidente de l’OFCA du Mbomou, le vivre ensemble ne peut être sauvegardé qu’à la condition que les crépitements d’armes ne fassent point partie du quotidien des populations. Pour étayer son avis, elle a plaidé pour que tout ce qui appartient au passé soit oublié et que les mauvais souvenirs ne viennent point empoisonner les efforts de paix déployés par les femmes qui sont restées unies, même pendant les périodes les plus difficiles que leur ville a traversées. La présidente préfectorale de l’OFCA a saisi cette occasion pour lancer un vibrant appel aux femmes du Mbomou en général et à celles de Bangassou en particulier, les invitant à devenir les meilleures conseillères de leurs époux : « Dans une famille, quand la femme raisonne bien, cette famille peut bien vivre et peut être aussi en paix. Nous, les femmes, nous sommes mieux placées pour restaurer la paix, réconcilier une nation, réconcilier les populations, comme la nôtre qui a perdu la paix. »

Le message des femmes du bureau national de la PCRC

Les membres de la coordination des femmes de la Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique (PCRC) qui ont accompagné les leaders de la PCRC au cours de cette mission de médiation effectuée dans les chefs-lieux des préfectures du Mbomou et de la Basse-Kotto ont exhorté les autres femmes à adopter une attitude plus responsable, afin de pouvoir jouer pleinement leur rôle dans la mission de restauration de la paix dans leur préfecture.

Pour Rachida Mamba, chargée des affaires extérieures au bureau national de la femme musulmane de Centrafrique et membre de la coordination des femmes de la PCRC, les femmes tiennent le pouvoir de la procréation, de l’éducation et du règlement des conflits : « La femme détient la valeur de la vie. C’est elle qui met au monde. C'est elle qui éduque les enfants. C’est elle qui a de valeur pour le règlement d’un conflit. Sur le plan traditionnel, quand il y a un conflit ou quand il y a des guerres tribales qui opposent différentes ethnies. Quand, au cours des combats, une femme se met devant la scène et brandit un rameau, c’est qu’elle demande la paix. C’est un message fort, lancé à l’autre camp, pour que la guerre cesse. C’est dans ce contexte que nous avons lancé ce message aux femmes du Mboumou, pour leur faire savoir qu’elles détiennent la valeur de la procréation, de l’éducation et du règlement des conflits. »

Clarisse Manehou, présidente des femmes croyantes catholiques de Bangui et membre de la coordination des femmes de la PCRC, est revenue sur le thème de la Journée internationale des femmes du 8 mars 2018. Elle a encouragé les femmes de Bangassou à travailler afin de transformer leur milieu social : « Le message que nous transmettons aux femmes de Bangassou, c’est que nous sommes arrivées au moment où elles organisent en différé leur Journée internationale des femmes. Comme le thème de cette année demande à chacune de s’activer pour la transformation de la vie des femmes, nous nous appesantissons sur ce thème pour leur parler. Si on leur demande de transformer la vie des autres femmes, c’est parce que Dieu a placé la femme au centre de la vie. Donc, cette femme est obligée de travailler pour transformer la vie de ses sœurs, de ses enfants, de son mari et de ses frères. Les femmes de Bangassou sont appelées à travailler pour changer la vie des autres et par rapport au contexte qu’elles vivent, elles doivent être des initiatrices, pour faciliter les actions de la cohésion sociale, de la tolérance, du règlement des conflits, dans lesquels elles vivent pour le moment. »

© PCRC-CellCom – Gérard Merlend Ouambou Guela

Publié par le PCRC

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