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Antoinette Montaigne, l'Académie de la paix et la cohésion sociale


17/09/2020 - Bangui

Antoinette Montaigne a été ministre de la Communication et de la Réconciliation nationale sous Catherine Samba-Panza, présidente de la transition (janvier 2014-mars 2016), dans le gouvernement formé par André Nzapayeke. Elle dirige aujourd’hui « L’Académie de la paix », une organisation de la société civile (OSC). La cohésion sociale en Centrafrique est au cœur des préoccupations de cette femme leader issue de la diaspora française.

 L’Académie de la paix est une OSC créée à Bangui en 2016 pour contribuer à l’enracinement de la paix dans la société centrafricaine. C’est aussi une vision, celle d’une paix durable qui puisse transformer en profondeur toutes les cultures néfastes à une société de paix, à l’instar de : (i) la violence familiale, (ii) la violence politique, (iii) les violences institutionnelles, (iv) la corruption, (v) l’injustice, (vi) la discrimination, (vii) le tribalisme, (viii) le clanisme, (ix) le népotisme, (x) le régionalisme. Elle entend combattre ces fléaux qui font le lit de la conflictualité permanente dans le pays. Auparavant, cette conflictualité revêtait seulement un caractère politique avec les coups d’Etat. Aujourd’hui elle s’est aggravée avec la connotation dite religieuse, qui, en réalité, est un camouflage dangereux pour berner (jouer un sale tour à…) la société.

Antoinette Montaigne, elle-même, qui est-elle ? « Je suis une fille de Centrafrique née en province. J’y ai grandi et y ai été éduquée aux valeurs culturelles traditionnelles d’humanité et de respect de la vie des autres –en particulier-. J’y ai appris également la valeur du travail, du mérite et de la responsabilité ; la valeur de partage et de solidarité. Bref, toutes les valeurs qui font une société humaine digne, respectable, où il fait bon vivre. Et qui donne à chacun ses droits et sa chance. J’ai, par la suite, reçu une formation juridique à l’Université de Bangui », se définit-elle, non sans une touche de discrétion.

Elle a placé la cohésion sociale au centre de son combat. Pétrie de laïcité, elle travaille avec tout le monde. Car, affirme-t-elle, aucun régime n’a introduit la religiosité dans les relations sociales en Centrafrique. L’Académie de la paix rencontre quelques difficultés. En particulier, le désintérêt des pouvoirs publics qui n’apportent aucun appui aux OSC centrafricaines alors qu’elles sont une chance de construire la paix dans la proximité de vie de chaque citoyen.

 La femme porte la vie

 Antoinette Montaigne pense que les partenaires techniques et financiers peuvent apporter un appui précieux à l’Académie de la paix. « Ils peuvent nous aider en finançant nos projets. Nous avons des projets qui touchent à la vie de la population, qui portent sur des aspects liés aux affres de la crise qui n’ont jamais été abordés. L’Académie de la paix a des programmes pour : (i) Les jeunes enrôlés par les groupes armés. Nous voulons accompagner les enfants soldats car sinon, la guerre de demain, ce sont eux qui vont la faire ! Combattre la violence armée est une priorité. (ii) Les femmes victimes de toutes formes de violence liées à la crise, en particulier les femmes déplacées. Car, quand une femme a quitté son foyer, c’est l’avenir de la communauté et du pays qui est en danger. Une femme vaincue par le conflit est une nation vaincue ! Et cela nous préoccupe beaucoup », plaide-t-elle.

 La présidente de l’Académie de la paix affirme être proche des organisations féminines à l’instar de l’OFCA (Organisation des femmes centrafricaines) et de l’AFJC (Association des femmes juristes de Centrafrique). Elle compte adhérer au REFAMP (Réseau des femmes africaines ministres et parlementaires). Car « la femme porte la vie ». En tant que ministre de la Communication et de la Réconciliation nationale, elle a porté et privilégié une stratégie de construction populaire de la paix, vision essentiellement tournée vers le peuple souverain qui, dans une période historique de grande détresse, doit porter lui-même son destin et s’impliquer lui-même dans son relèvement. D’où (i) les consultations populaires à la base, (ii) le Forum national de Bangui (mai 2015), et (iii) la Commission Vérité-Justice-Réparation-Réconciliation proposés depuis 2014.

© PCRC-CellCom

Publié par le PCRC

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