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« Restons sereins et réclamons justice »


30/07/2018 - Moungoumba

Interview de Mgr Jesus Ruiz Molina, évêque auxiliaire de Bangassou lors de la célébration du 50e anniversaire de la paroisse Saint-George de Moungoumba.

Après la grand-messe marquant cet anniversaire, le 1er juillet 2018, Mgr Jesus Ruiz Molina nous a accordé une interview. Il nous parle de cette paroisse dont il fut le curé pendant 8 ans avant d’être nommé évêque auxiliaire de Bangassou.

Face à la situation actuelle du pays et après l’assassinat de plusieurs prêtres, il nous a répété le message des évêques de Centrafrique : « Restons sereins et réclamons justice. »  

PCRC-CellCom - Monseigneur, pouvez-vous nous retracer l’histoire de cette paroisse ?

Mgr Ruiz Molina- L’évangélisation en Centrafrique est arrivée par la localité de Moungoumba via Brazzaville. C’était en 1814. Mais la paroisse Saint-George a été bâtie à partir de 1911 par les Pères de Betou. Plusieurs missionnaires y ont travaillé jusqu’à 1950. En 1952, la communauté chrétienne s’est constitué autour du père George Rasmane, puis la construction de l’église par le frère Jude. Ensuite, pendant la révolution Simba, la zone de Safa Loko a été confiée aux pères venant de Betou. En 1974, les missionnaires comboniens prennent la direction de la paroisse ; le missionnaire Euro Cazale devient le premier curé, puis trente missionnaires comboniens au rang desquels je figure ont travaillé dans cette paroisse.

PCRC-CellCom - Quel est le travail que vous avez accompli dans cette zone dans le sens de la cohésion sociale alors que vous y étiez encore curé ?

Mgr Ruiz Molina - J’ai toujours exhorté les habitants de Moungoumba à la paix. Ensuite, je leur ai appris à respecter les pygmées et à permettre à ces derniers de ne pas se sentir méprisés ni rejetés. Pendant les années 2010 et 2011, j’ai initié une évangélisation dans les campements des pygmées, notamment aux villages de Mossokpo, Bassin, etc. Et trois ans après, une trentaine de pygmées a été baptisée. En 2009, quand j’arrivais à la paroisse, les Aka ne pouvaient pas venir à l’église et s’asseoir avec les villageois. Mais de nos jours, ils se considèrent à l’église comme chez eux. Nous avons mis l’accent sur la justice et la paix pour défendre leur dignité.

PCRC-CellCom - Quel message avez-vous pour la population, au regard de ce qui passe dans notre pays, où des prêtres sont assassinés ?

Mgr Ruiz Molina - Je n’ai pas un autre message que celui que les évêques ont donné dernièrement à Berberati. On ne négocie pas l’autorité de l’État. Malheureusement, nous assistons impuissants devant le désordre que les mercenaires sont en train de générer dans notre pays. Face à l’assassinat de notre frère l’abbé Firmin c’est un cri de justice, un cri contre l’impunité que nous lançons au gouvernement. J’exhorte la population centrafricaine à la paix, puisque nous sommes appelés à vivre en paix. Ceux qui veulent nous diviser à travers cette manipulation des chrétiens contre les musulmans ont des intérêts occultes, très personnels et très économiques. Mais les chrétiens doivent rester sereins et laisser passer ce vent. 

© PCRC-CellCom - Eustache Michael Mounzatela

Publié par le PCRC

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