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« Comment Dieu n'entendrait-il pas les pleurs des nombreuses 'Rachel' qui pleurent en Centrafrique ? » - Clôture de la session 2018 de la Conférence des Evêques catholiques.


15/01/2018 - Bangui

La session annuelle de la Conférence des Évêques de Centrafrique (CECA) s'est clôturée par une grande messe ce dimanche 14 janvier à la cathédrale de l'Immaculée Conception de Bangui.

Le message de clôture de l'assemblée annuelle de la CECA y a été rendu public. Les Évêques catholiques interpellent les chrétiens et l'ensemble de la communauté nationale : « Il est temps de passer avec le Christ sur l'autre rive, quitter la rive de la haine, de la vengeance, du repli identitaire, de la violence et du rejet de l'autre, pour aller sur la rive de l'amour, de la réconciliation, de la fraternité, de la non-violence et de l'acceptation de l'autre dans sa diversité. »

La messe de clôture de l'assemblée de la CECA a été présidée par Mgr Richard Appora, évêque de Bambari. Dans son homélie, le prélat a évoqué les problèmes sociaux, sécuritaires, et autres qui minent le pays et, par ricochet, l'Église catholique.

Des propos repris par le Cardinal Dieudonné Nzapalaïnga :  « A Bangui, Mbaïki, Berberati, on peut dire que ça va. Mais c'est la catastrophe dans les autres villes du pays. Il y'a des groupes armés qui sèment la désolation, la faim, la mort. C'est pourquoi les évêques se sont réunis pour réfléchir et prier, car les pleurs des Centrafricains retentissent toujours dans nos oreilles et auprès de Dieu. » Et de poursuivre : « Des étrangers arrivent dans notre pays pour piller les richesses de notre sous-sol. Le seul moyen de mettre fin à nos souffrances est de nous aimer et de nous unir, nous centrafricains. Seuls l'union et l'amour du prochain peuvent nous aider, par la grâce de Dieu. »

Dans leur message final, les Evêques s'interrogent : « comment Dieu n'entendrait-il pas le cri des nombreuses « Rachel », ces mères qui pleurent continuellement dans notre pays ?

« Rachel qui pleure, c'est la mère centrafricaine qui a perdu ses enfants enrôlés par les rebelles et tués par les forces négatives qui infestent notre pays.

« Rachel, c'est cette veuve qui est restée sans soutien aucun et condamnée à s'occuper de ses enfants dans un environnement hostile et à haut risque.

« Rachel, c'est la femme qui prend le risque d'aller au champ et au marché chercher de quoi nourrir sa famille, mais qui devient victime d'abus. 

« Rachel, c'est la fille qui n'arrive pas à aller à l'école, car elle est mère, malade ou est morte pendant l'accouchement.

« Rachel c'est la jeune fille déplacée qui est obligée de se prostituer pour subvenir à ses besoins élémentaires.

« Rachel c'est la jeune fille ou le garçon pris en otage et drogué par des mains invisibles qui poussent à la violence.

« Rachel c'est la terre centrafricaine qui est sous le contrôle des groupes armés qui la détruisent et l'exploitent. À tous ceux qui oppriment le peuple centrafricain, Dieu dit : « Laisse partir mon peuple, qu'il me serve » (Ex 7,26).»

Et d'exhorter leurs fidèles et tout un chacun : « Soyez désormais des artisans de réconciliation et de paix à travers vos engagements dans vos milieux respectifs. Vous n'êtes pas seuls. Nos prières vous accompagnent. »

Cette messe de clôture s'est déroulée en présence du Président Faustin Archange Touadéra et de son épouse, ainsi que celle de nombreuses personnalités nationales, dont le président de l'Assemblée nationale, Karim Meckassoua.  

© PCRC-CellCom ; article rédigé par Élodie Taïnga Poloko

 

 

Publié par le PCRC

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